Ce guide introduit les mécanismes de la surveillance numérique — ce qui est collecté, par qui, comment, et avec quelle finalité. Il est conçu pour un lecteur qui veut comprendre le fonctionnement réel des systèmes, pas juste leurs descriptions marketing ou leurs critiques militantes.
Les couches de la surveillance numérique
La couche infrastructure
Les métadonnées de communication (qui parle à qui, quand, combien de temps, depuis quelle localisation) sont collectées au niveau des infrastructures réseau par les opérateurs, et accessibles aux agences de renseignement via des cadres légaux comme CALEA aux États-Unis ou le régime des interceptions légales en Europe. Ces métadonnées sont souvent plus révélatrices que le contenu des communications.
La couche plateforme
Les grandes plateformes numériques collectent des quantités massives de données comportementales — pas seulement ce qu’on publie, mais ce qu’on lit, combien de temps, dans quel ordre, depuis quel appareil et depuis quelle localisation. Ces données sont utilisées pour la publicité ciblée et peuvent être requises par les autorités via des demandes légales.
La couche dispositif
Les appareils eux-mêmes — smartphones, ordinateurs, objets connectés — collectent des données localement et les transmettent à des services cloud. La géolocalisation en temps réel, les capteurs (micro, caméra, accéléromètre), les applications tierces avec des permissions excessives sont autant de vecteurs de collecte.
La couche physique
Caméras urbaines, reconnaissance faciale, ALPR, capteurs IoT dans l’espace public — la surveillance physique s’est massivement densifiée dans les espaces urbains des pays développés. La capacité de reconstituer le trajet d’une personne dans une ville grâce aux données de surveillance est aujourd’hui réelle dans de nombreux contextes.
Réduction de l’exposition : approche par profil de risque
Les contre-mesures pertinentes dépendent du profil de risque. Un journaliste en zone de conflit, un employé standard dans une entreprise, et un défenseur des droits humains dans un pays autoritaire n’ont pas les mêmes besoins. Voir Vie privée : réductions pratiques selon le risque.